Quand l'équipe de France s'est mise à gagner des titres et à dominer le monde, il y a dix ans déjà, elle disait qu'elle avait acquis la «culture de la victoire». Fière d'elle-même, de son idée du jeu et de ses écoles de foot, l'Espagne, en battant l'Allemagne dimanche en finale de l'Euro (1-0), s'inscrit désormais au rang des grandes nations de ce sport, de façon définitive, parce qu'elle séduit encore, et parce qu'elle gagne enfin. Elle qui restait sur quarante-quatre années d'échecs en tous genres, beaucoup assez incompréhensibles, possède désormais une culture du résultat. Imposer un score ''italien'' à l'équipe la plus compétitrice d'Europe, l'Allemagne, cela dit tout de son nouveau savoir-faire. Parce qu'elle maîtrise mieux ses nerfs qu'avant, parce que sa volonté de vaincre n'a fait que croître avec le temps, parce qu'elle défend bien en ayant conservé sa magnifique aisance technique, parce qu'elle était tout simplement la meilleure équipe de l'Euro, dont elle a gagné tous ses matches, l'Espagne a remporté un formidable succès.
C'est une réussite sans nom pour Luis Aragones, vieil homme très critiqué depuis deux ans, dont la foi tenace a été le fil roja de cette équipe au plus fort de la tempête. Elle la doit aussi à deux hommes qui sont tombés dans les bras l'un de l'autre au coup de sifflet final. Ils ont maintenu leur équipe à flots en début de match alors que l'histoire pouvait dérailler : Iker Casillas, immense gardien, idole d'un peuple entier, et Fernando Torres, auteur d'un but plein de classe qui va bercer des génération de petits Espagnols. Pourtant, Ballack était bien titulaire dans ce 4-2-3-1 qui avait permis à l'Allemagne de se rassurer il y a deux semaines. Mais l'équipe de Löw était trop loin, dans tous les domaines, notamment sur le plan défensif, pour refaire le coup de 1996 et de toutes les fois d'avant.
L'histoire retiendra que l'Espagne a gagné tout en étant privée du meilleur buteur du tournoi, David Villa (4 buts), sur blessure. Seul en pointe du 4-1-4-1, Fernando Torres aura fait le travail pour deux.
Viva Espana!
Tiré du site internet du quotidien "L'Équipe"
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